Café italien, huile italienne

Ah, l’innovation, que c’est beau! Il paraît qu’une entreprise de Calabre vient de mettre sur le marché un micro-moulin à huile, qui fonctionne à base de capsules contenant de la pulpe d’olive comprimée et surgelée, comme les célèbres machines Nespresso. Ces capsules fournissent une huile personnalisée, agrémentée, si l’on y tient, d’un goût de truffe, de gingembre, de piment, etc. (Enfin, « agrémentée », c’est une façon de parler; on a le droit de préférer l’huile d’olive vraie, comme on n’est pas obligée d’adorer l’espresso à l’eau de rose). On peut en savoir plus en suivant ce lien, ici (en espagnol).

Ceux qui ne voient pas l’intérêt d’une telle machine par rapport à l’achat d’une bouteille d’huile de bonne qualité, ou de plusieurs si l’on aime, comme il se doit, en varier les plaisirs, les saveurs, l’amertume et l’ardence, ceux-là sont des citoyens sans imagination, réfractaires à la poésie de l’innovation. Gageons que les mêmes rechigneraient à la consommation du vin en pilule, « nutriment » pourtant recommandable puisqu’il vous apporte les bienfaits des antioxydants, sans l’ivresse! (Mais oui, cette pilule existe.)

Le rapprochement de l’huile d’olive et du café ne s’arrête heureusement pas là. Dans un article récent (ici, en italien), Giorgio Muffato, président de l’association italienne Olivita, s’interroge sur le devenir de l’oléiculture de la péninsule, de plus en plus concurrencée, à cause de ses coûts de main-d’œuvre élevés, tout comme sa modeste homologue française, par la Tunisie, la Turquie et de nouveaux entrants de toute origine, jusqu’au Pérou ou à l’Australie.  Sans parler de l’Espagne évidemment, encore leader mondial absolu. Il en déduit que, l’atout de l’Italie résidant dans son expertise et son excellence, l’avenir oléicole du pays repose sur la capacité qu’il aura à se faire reconnaître comme le grand sélectionneur des huiles mondiales de haute qualité. Plutôt que de combattre, on ne sait comment, les concurrents émergents, l’Italie les aiderait en leur envoyant ses experts, puis en labellisant d’une manière ou d’une autre les productions. Quel rapport avec le café? Non, ce n’est pas à cause du Pérou cité plus haut. C’est que le café d’Italie, connu pour être le meilleur du monde, ne provient évidemment pas de grains produits – ni probablement moulus – sur son sol.

Dans l’esprit de l’auteur de cette proposition, ou de ce projet, une telle vocation mondiale contribuera à maintenir la production locale italienne, emblématique, plus que jamais symbole de qualité, et donc à sauver les oliveraies d’Ombrie, de Toscane, des Pouilles et de bien d’autres régions. Peut-être…

Mais n’oublions pas le lien le plus important entre l’huile d’olive et le café: c’est qu’une tasse de café n’est jamais meilleure que si elle est bue, l’été, à l’ombre ténue d’un olivier, tôt le matin, devant un golfe de Ligurie. (Ce qui peut vous rappeler un post plus ancien, consacré à l’évocation de ce plaisir, auquel le miracle de l’hypertexte vous permet de vous reporter d’un simple clic).

 


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s