L’olivier de Noël

L’arbre de Noël n’a pas toujours été un sapin. Cette coutume a des racines (c’est le cas de le dire) anciennes et diverses, et il fut un temps où l’olivier, en Méditerranée, était décoré pour Noël ; ne reste-t-il pas aussi vert que le sapin tout au long de l’année? Rien de plus normal que d’utiliser pour cette célébration l’arbre déjà trente-six fois sacré et rattaché à tant d’autres traditions, ne serait-ce que le souvenir du jardin des Oliviers de Jérusalem, qui entre en scène à l’autre extrémité de l’histoire de Jésus.

L’arbre de paix, l’arbre de lumière illuminé – sans doute avec des lampes brûlant sa propre huile – pour célébrer Noël, et avant l’ère chrétienne, peut-être, les fêtes du solstice qui la précédèrent… quoi de plus esthétique et de plus cohérent ?

Notre pratique barbare qui consiste à couper des sapins par millions pour les installer chez soi comme un simple bouquet de perce-neige, a, avouons-le, quelque chose de barbare. Elle est assez contradictoire avec, ou en retard sur, la vague d’empathie du « grand public » envers les arbres, dont témoigne par exemple le succès du livre « La vie secrète des arbres » – avec la dose excessive d’anthropomorphisme qu’il véhicule. Et puis, couper des arbres pour fêter le creux de l’hiver ou l’espérance chrétienne, comme on voudra (dans les deux cas il s’agit de l’attente du renouveau), voilà qui est assez paradoxal. Du reste, cette pratique qui a gagné le monde entier est récente; il y a quelques décennies, le sapin de Noël, coupé ou non, était collectif, au milieu du village – comme le rappelle avec émotion Robert Guédiguian dans son beau film « La Villa ». C’est vrai, à plus forte raison, pour l’olivier, qu’on décorait là où il était. Il faut si longtemps, de toute façon, pour faire pousser un olivier, qu’on ne va pas s’amuser à en faire un élevage destiné simplement à un abattage de masse à des fins décoratives !

Longtemps, chez soi, on se contenta de disposer des rameaux : selon les latitudes, buis, houx, sapin et… olivier, chacun avec sa symbolique.

Il est vrai que les villes utilisent toujours les arbres bordant leurs boulevards, tels qu’ils sont, sans les transformer en sapins, pour leurs illuminations ; mais ils ne servent guère alors que de supports, sans aucune symbolique particulière. Cette année, une commune languedocienne a revitalisé la tradition de la décoration urbaine de l’olivier: c’est à Peyriac-de-Mer, photo ci-dessus que l’on doit au journal régional L’indépendant. On pardonnera aux décorateurs de l’avoir coiffé façon bonsaï; les branches repousseront vite et après les boules de Noël, reviendront les olives!


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