EMOTO : Etude de l’Olivier en Tunisie par Imagerie Satellitaire

L’olivier, symbole de la tradition la plus ancienne de la Méditerranée, ne récuse pas la modernité, au point de s’offrir le concours des hautes technologies spatiales ! EMOTO, pour « Etude Multi-approche de l’Olivier en Tunisie par télédétection Optique » (EMOTO), est un projet mené par un consortium de trois entités : le Centre de Recherche en Numérique (CRNS) de Sfax, le Centre d’Etudes Spatiales de la Biosphère (CESBIO, à Toulouse), et l’Institut de l’Olivier de Tunisie. Mais laissons la parole au Chef de Projet, Abdelaziz Kallel, du CRNS, qui a bien voulu écrire ces lignes spécialement pour L’Odyssée de l’Olivier!

La culture de l’olivier occupe près de dix millions d’hectares dans le bassin méditerranéen avec une forte concentration des oliveraies au sein de quatre pays (Espagne, Italie, Tunisie et Grèce) qui constituent les deux tiers des superficies oléicoles mondiales.  La culture de l’olivier occupe ainsi une place importante aussi bien sur le plan écologique et agro-écologique que sur le plan social et économique dans tout le pourtour méditerranéen et particulièrement en Tunisie où l’oliveraie occupe les deux tiers des terres agricoles Tunisie avec 1.8 million d’hectares. On dénombre 309 000 exploitants agricoles, ce qui représente environ 60% des agriculteurs en Tunisie et donc un secteur économique majeur. Une gestion durable de façon à assurer la productivité nécessaire nécessite de relever des défis majeurs comme les capacités d’adaptation de l’olivier à des épisodes prolongés de sécheresse et à l’effet du changement climatique. De même, il est important de surveiller de possibles fléaux tels que la présence de ravageurs et autres pathogènes.

Le projet vise à étudier de par la mesure radiométrique la culture de l’olivier en Tunisie en se focalisant sur plusieurs régions d’intérêt où cette culture représente un essor économique important. Ce travail vient compléter la connaissance actuelle du sujet de recherche concernant la caractérisation de l’olivier qui montre qu’il existe un historique des études mais plutôt à fine échelle avec des protocoles de mesure terrain qui demanderont à être complétés.

Le travail qui est proposé ici consistera à réunir des scientifiques ayant des profils complémentaires de façon à avoir une approche multidisciplinaire permettant de tirer des enseignements à une échelle spatiale où se fait la prise de décision. L’une d’elles, qui nous paraît importante, concernera la productivité de la culture de l’olivier dans le futur sous la contrainte d’un changement climatique maintenant avéré. Le défi majeur qui s’offre à nous sera de délimiter les contours de la capacité d’adaptation d’un écosystème agraire constitué par la culture de l’olivier en réponse à un climat changeant et à des événements extrêmes (vagues de chaleur, sécheresse) pouvant potentiellement fragiliser la biodiversité en Tunisie. Les effets collatéraux de variables climatiques en pleine évolution (températures annuelles plus élevées, durée d’ensoleillement prolongée, rareté des précipitations) doivent se traduire par la capacité de résilience de l’olivier à certaines conséquences comme l’apparition de fléaux tels les pathogènes bactériens vectorisés notamment par la présence de ravageurs.

Afin de répondre à ces interrogations qui semblent désormais cruciales, l’étude que l’on propose a comme objectif de fournir un descriptif le plus complet possible de la culture de l’olivier à partir de la mesure satellite dans le domaine optique (visible et infrarouge). Le point de départ sera l’échelle de la feuille car c’est à cette échelle que se réalisent les changements. Ensuite, on passera à l’échelle de l’arbre puis de la parcelle et enfin le paysage. Il s’agit donc d’une approche multi-échelle avec in fine une observation systématique depuis le satellite qui est l’outil indispensable pour observer de façon fréquente à grande échelle.

Comme capteurs satellites, nous avons choisis d’utiliser les deux imageurs Sentinel-2A (lancé le 23 juin 2015) et Sentinel-2B (lancé le 7 mars 2017) qui font partie du programme Copernicus géré en grande partie par l’Agence spatiale européenne. Ces capteurs fournissent des images multispectrales dans des bandes spectrales fines permettant de bien détecter les propriétés de la végétation. Ces capteurs sont par ailleurs à grande résolution spatiale (10 mètres) et avec une forte fréquence d’acquisition (i.e. une image chaque cinq jours) permettant un suivi précis du couvert végétal.

Le produit final est un service web qui télécharge automatiquement les images satellites, les analyse et fournit une cartographie montrant l’évolution de l’olivier au cours de la saison. Il alerte les utilisateurs lorsqu’une anormalité est détectée. Et une fois celle-ci confirmée, le service proposé fait le suivi des a propagation jusqu’à son extinction et le rétablissement de la culture.

Abdelaziz Kallel


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