Palmeraie

Tadighoust… une palmeraie à 1000 mètres d’altitude, au Maroc, dans le Tafilalet, entre Atlas et désert. On dit « palmeraie », mais c’est aussi bien une oliveraie. Palmeraie et oliveraie se superposent. Les palmiers-dattiers tout en haut, échelles vers le ciel, les oliviers en-dessous. Et au pied des oliviers, du blé.

 

Les oliviers ne sont pas taillés. Pas la peine, apparemment. Que valent nos scrupuleuses pratiques de taille annuelle, et le mot d’ordre selon lequel une colombe doit pouvoir passer à travers le feuillage sans heurter ses ailes aux branches ? Pourtant, des colombes, ou plutôt les tourterelles et les palombes, ce n’est pas ce qui manque à Tadighoust : elles caracoulent entre les troncs, noire, demi-soupir, croche, blanche, pause, da capo, et leurs répons font une litanie mélancolique. Ainsi font les huppes, qui, elles, pupulent en trois temps égaux, avec la pureté d’une flûte traversière. Mais elles n’essaient pas de virevolter dans la frondaison des oliviers, c’est tout. Les arbres sont denses et hauts. Les olives sont récoltées par gaulage, mais comme les gaules ne sont jamais assez longues, il faut grimper aux branches pour battre les rameaux les plus hauts…

Les ânes sont les occupants principaux de la palmeraie. Ils transportent, selon la saison, luzerne, blé, olives et dattes. Petits, placides, de temps en temps ils font entendre leur braiement éperdu et déchirant, qui pour instant fait taire palombes et huppes. Que veulent-ils dire ? Rien de plus que les appels amoureux des oiseaux, peut-être ? Ou bien, qu’ils en ont assez de cette servitude ?

Lorsque le moment de l’huile arrive, ce sont eux, encore souvent, qui font tourner les moulins. Parfois on les a remplacés par la force électrique, tout en conservant le système ancestral et universel à meule de grès. Alors les petits ânes demeurent dans le silence musical de la palmeraie, quitte à le rompre de temps en temps, et préparent leurs bâts pour les dattes. Ils rentrent le soir, songeurs, au village dont les murs de pisé opposent au  soleil leur surface égale, impassible et aveugle.

L’huile de Tadiighoust est douce, elle ressemble à celle de Nyons.

B- Palmeraie Tadighoust 01


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